samedi 7 juin 2008

Alcools

"L'anémone et l'ancolie
Ont poussé dans le jardin
Où dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain

Il y vient aussi nos ombres
Que la nuit dissipera
Le soleil qui les rend sombres
Avec elles disparaîtra

Les déités des eaux vives
Laissent couler leurs cheveux
Passe il faut que tu poursuives
Cette belle ombre que tu veux"

Guillaume Apollinaire. Clotilde in "Alcools"

A quoi bon pleurer sur un amour non partagé? Le fantôme d'une autre, des autres, hantent tes crépuscules, empêchant ton coeur de goûter à d'autres douceurs. Le mien était ouvert à toi, trop, mais pas assez à ton gré. Tu en as si souvent refermé les battants que les gonds commencent à s'user. Le jeu vient à manquer.

"Et pourtant, pourtant je n'aime que toi..."

Il fut beau, fulgurant cet amour que je t'ai trop vite porté
Il fut tendre, apaisant cet amour, qui a si vite pansé mes plaies
Il fut flou, hésitant, cet amour qui peinait à s'avouer
Il fut brûlant, délirant cet amour quand j'ai cru que tu le partageais

II est triste, déprimant cet amour dont tu me prives au gré de tes whiskys,
Il sera en suspens cet amour, tant que je ne t'aurais pas oublié
Est il fini pour toi cet amour, qui peut être n'a jamais commencé!
Je garderai longtemps, et pourquoi pas toujours, qui rime si bien avec amour
Le souvenir de ta tendresse même si la peur de t'y consummer t'en rend avare
Ou dépensier, dans tes halos d'alcools et de fumées.

Je la sais, je la sens elle est là comme cloîtrée, mais sa présence irradie tant qu'elle m'enflamma et m'enflamme encore le corps et l'âme. Mon amour pour toi ressemblera t il bientôt à un tas de cendres jamais éteintes? Dans ce cas il y poussera, un jour, loin ou près de toi, la plus belle fleur qui soit.



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